samedi 29 novembre 2008

I still thought that getting up in the morning was the greatest fuckin' thing ever

L'histoire continue. Les lads d'Oasis ont décidé de conquérir le monde. Le potentiel découvert avec Supersonic méritait confirmation. Cette confirmation, elle vient en Août 1994 : l'album Definitely Maybe est sur les rails, et le single qui le préfigure sera Live Forever. Que dire de cette chanson ? C'est un véritable hymne. La mélodie a été composée par Noel Gallagher en 1991 à l'écoute du Exile on Main St. des Rolling Stones. Comme souvent, Noel a la grosse flemme de finir le morceau, en particulier d'écrire les paroles. Seul le "Maybe, I don't really wanna know" introductif existe. Il sera complété en 1993, et utilisé par le groupe en concerts, où la chanson sera particulièrement remarquée, ce qui poussera donc le groupe à la sortir en single.
Toujours est-il qu'on approche là de la pop-song parfaite. D'entrée, le beat de Tony McCarroll soulève, par sa solitude, la curiosité. Le suite rentre d'un coup, Liam étale son "Maybeeeeee", Noel porte la mélodie seul. Bonehead et Guigsy n'arrivent que plus tard, pour donner toute sa puissance et son poids au son d'Oasis. La chanson s'envole comme un rêve, la mélodie porte son lot d'espoirs, d'envie de vivre, et de sortir de cette banlieue pourrie de Manchester. Et les paroles résument à merveille la chose : "You and I are gonna live forever". Il faut préciser que Noel les a écrites en pleine vague grunge, exaspéré par le I hate myself and I want to die de Nirvana. Du côté de Manchester, on préfère lever la tête, et marcher droit devant. Peut-être, comme ils le disent, qu'ils ne seront jamais ce qu'ils veulent être. Mais en réalité, quand le solo de Noel décolle, ou que Liam épuise sa voix sur les derniers We're gonna live forever, on sent bien que ce groupe a un destin hors du commun.

dimanche 5 octobre 2008

"Did you see the drummer's hair ?"

Quand sort en 1994 le single Cut Your Hair, les californiens de Pavement ont déjà derrière eux cinq ans d'une riche histoire au fond de l'indie rock américain. Car à côté de la vague Grunge qui déferle sur les ondes au début des années 1990, la bande à Stephen Malkmus trace son propre chemin, entre des premiers EP très lo-fi, et un premier album, le très bon Slanted and Enchanted. Très bon, soit, mais encore trop peu connu pour bien se vendre au moment de sa sortie en 1992. Deux ans plus tard, le songwriting s'est affiné, et débarque le second effort du groupe, Crooked Rain, Crooked Rain. Cette sortie est donc accompagnée par celle du single Cut Your Hair. Que dire si ce n'est que l'on est en présence d'un véritable hymne pop : la mélodie est jouissive, les "Ouh Ouh Ouh Ouh Ouh" relèvent du génie, les paroles surréalistes décrivent sans concession ce qu'est déjà la musique à l'époque, et qui ne fera qu'empirer par la suite (autrement dit, on s'intéresse plus à ce à quoi ressemblent les groupes qu'à ce qu'ils jouent, d'où ces histoires de coupe de cheveux). Malkmus balade sa voix chaude et paresseuse, des guitares lo-fi portent tranquillement le tout, s'arrêtent pour regarder à doite et à gauche pendant un pont tout mignon, puis traversent la route en courant pour un solo foutraque. Demeure au final l'impression que ça pourrait durer des heures sans qu'on se lasse de ces branleurs magnifiques, qui se foutaient bien de ce vers quoi tout cela pouvait le mener.

samedi 27 septembre 2008

Chemises ouvertes, Chaînes en Or qui brillent...

Au début des années 90, IAM nous proposait de voyager dans le temps, via planète Marseille : en 1994 toute la France dansait le Mia, propulsant le groupe en 1ere place des charts Français durant plus de huit semaines.
3 ans avant le mythe qu'est L'école du Micro d'Argent, IAM s'habituait doucement au succès en nous sortant Je Danse le Mia, Funky, sous fond de nostalgie des soirées de bonheur musical des années 80. Le clip entre aussi directement dans les anales grâce à la superbe réalisation de Michel Gondry.
Un grand moment des années 90.

I Want Your Soul...

Comment aborder les années 90 sans citer Richard D. James... Je crois que c'est impensable. Effectivement, le début des années 90 est marqué par les premiers albums d'Aphex Twin (en particulier Selected Ambient Works '85-92), considéré dès lors comme demi-dieu de l'ambient. On le compara sans remords à Mozart, Stockhausen ou encore Eno (celui qui, 17 ans auparavant, créa l'ambient). La presse l'adule et la jeunesse trouve en lui un modèle.
C'est dans se contexte que sortira l'un des plus gros maxis des années 90 : Come To Daddy, sorti chez Warp Records en 1997. Richard tranche avec ses précédents albums pour se replonger dans ses premiers amours, L'IDM. Come To Daddy est froid, effrayant et oppressant. Le rythme rapide et désarticulé, les hurlements glauques "I Want Your Soul" et "Come To Daddy" à répétition nous font entrevoir Chucky dansant sous extasy dans notre salon.
Chris Cunningham à bien compris l'ambiance du morceau et nous pond un clip à la fois glauque, oppressant et fascinant, en mettant en scène des enfants aux visage de Richard autour d'une télé qui agonise "I Want Your Soul"...
Peut-être en réponse au mouvement précédent d'adulation du musicien par la jeunesse.

lundi 18 août 2008

Endtroducing...

1996. Envolées lyriques, douceur, rythmes lents et nappes de synthés interminables, le Hip-Hop change, évolue et devient Abstract.
C'est cette année que sortira Endtroducing... composé par Josh Davis alias DJ Shadow. Non seulement l'album mettra tout le monde d'accord (inébranlable succès) mais en plus il se paie le luxe d'apparaître sur le Guinnes Book comme étant le 1er album composé uniquement et entièrement à partir de samples (tout le monde rêve d'avoir une collection de vinyles aussi impressionnante que celle de Davis!).
Si l'album a mis une claque à la moitié de la planète cette année là, c'est aussi grâce à Midnight in a Perfect World, morceau désormais culte de l'abstact. Chaque écoute est accompagnée d'une émotion intense et inédite, quelque part entre l'apaisement et l'inquiétude... Sans doute parce que ce morceau arrête le temps : Entre la demi-seconde où tu lances le morceau et celle où il se termine il s'est passé 5 minutes. Et pourtant tu n'as pas bougé d'un pouce et rien n'as changé (sauf peut être ta conception de la musique)...
Dj Shadow nous fait voyager à l'intérieur d'une seconde, effrayant, envoûtant, lyrique... Parfait.

dimanche 17 août 2008

Everyone Else Is Going Somewhere ...

L'aventure Fountains of Wayne débute quelque part en 1995, avec l'association des (déjà) presque-trentenaires Adam Schlesinger et Chris Collingwood, potes de fac de leur état. Dès Octobre 1996, après des demos envoyées chez Atlantic Records, ils enregistrent (en 5 jours) et sortent leur premier album, éponyme. Il sera soutenu en premier lieu par le single "Radiation Vibe", puis, en 1997, par la petite pépite Sink To The Bottom. Bienvenue donc à vous, dans un monde "so bubblegum", une galaxie quelque part entre Nada Surf et Weezer. S'offre à nous une Power-Pop acidulée, à siroter (oui, car on n'écoute pas de la power-pop, mais on la sirote, tel un coktail fruité en plein été, puisqu'il s'agit, tout de même, de bien faire les choses), le cul dans l'herbe, avec des bières dans le sac à dos, et quelques potes du lycée (ou de la fac, si vous avez grandi mais que vous continuez à rêver). Des couplets avec un riff catchy au possible, des paroles simplissimes, mais finalement, touchantes de naïveté, des mélodies chatoyantes, un bon mur de grattes comme on les aime sur le refrain, un clip qui fleure bon les 90's (couleurs saturées, abus d'incrustations kitschissimes, coupes de cheveux et fringues "datées") ... En résumé, quelques trois minutes de fraîcheur, de sourires, ou plus simplement, de bonheur.



Et pour vos oreilles, car Youtube a ses limites :

Fountains Of Wayne - Sink To The Bottom

samedi 26 juillet 2008

Kurt smells like teen spirit.

Il y a bien un moment où parler de Nirvana devait arriver... Évidemment quand on évoque le groupe on ne peut pas s'empêcher de penser à 1991, Nevermind et Smells like teen spirit... Avec un succès sans précédent le morceau (et l'album) est devenu l'hymne du groupe, la logique voudrait donc que cet article traite de ce morceau. Cependant mon anticonformisme m'empêche de le faire, c'est vrai qu'au fond des articles sur Smells Like Teen Spirit, tout le monde en fait.

Alors non, vous ne verrez pas ici écrit que, grâce au single, l'album a détrôné Michael Jackson en 1992, que le morceau fut numéro 1 des charts partout en Europe (ou presque) et aux Etats Unis.
Je me refuse d'écrire que le titre est reconnaissable par son unique riff d'intro tellement anthologique qu'il peut sauver une soirée mariage foireuse en réveillant tous les nostalgiques en une demi seconde pour un dernier pogo, ni que tout le monde connait le refrain en yaourt sur le bout des lèvres et fait de la air guitar sur le solo.
Non, je n'écrirai pas que le titre vient de la marque de déodorant "Teen Spirit" ni que c'est une demoiselle pleine d'inspiration qui a écrit "Kurt smells like teen spirit" sur un mur à l'intention de Cobain.
Encore moins que le groupe refusa longtemps de jouer la chanson à l'insupportable succès (touchés par l'anticonformisme aigüe).
Il ne me viendrais même pas à l'idée de poster la video du clip du morceau...



Je n'ai pas écrit cet article.

jeudi 10 juillet 2008

Sssshhhhhhhhhhhh !!!

Le 13 Juin 1994, l'aventure continue : Oasis sort son deuxième single, l'abyssal Shakermaker. Pour tout dire, de l'Oasis pur jus. Ils commencent à nous y habituer, mais la chanson se complait dans une lenteur déconcertante. Noel Gallagher aux commandes, qui nous repompe une mélodie des Beatles ("Flying" en l'occurence), et encore mieux, une pub Coca-Cola des 70's, titrée "I'd like to teach the world to sing" (ce qui fera dire à Noel, condamné à payer des droits d'auteur : "We drink Pepsi now"). Pour le reste, Oasis dans son délire habituel : un son très lourd, pesant, Liam qui survole tout comme si de rien n'était, à l'aise comme jamais, en immitant au passage le bruit des bouteilles de Coca (Sssshhhhhhhh ...). Comme souvent, Noel est inspiré durant son solo, mais le meilleur est à venir : le couplet suivant, entamé tambour battant par Liam et son "I'm sorry but I just don't know", fait décoller purement et simplement la chanson de sa lenteur, et ce pendant 30 bonnes secondes durant lesquelles on ne touche absolument plus par terre ... avant que tout ne retombe, et qu'on se demande ce qu'on était en train de faire. Inutile par contre de vous expliquer les paroles : encore une fois, ça ne veut absolument rien dire, c'est plein de références diverses et variées, mais ça n'en demeure pas moins savoureux ("Now he stops at traffic lights/But only when they're green"). Toujours est-il que le tout montera à une honnête 11ème place des charts anglais, et vaudra au groupe un premier passage à Top Of The Pops. De quoi les rendre familiers aux oreilles du public britannique. On mesurera le chemin parcouru quand sortiront Live Forever et l'album Definitely Maybe, au mois d'Août 1994 ...

vendredi 20 juin 2008

Nos limites

Dance Machine, Megamix Techno, corsets en alu et vestes en cuir, ainsi peut se définir le mouvement marquant du début des 90's. L'extension commerciale du mouvement Techno dans toute l'Europe, l'eurodance. C'est avec émotion que l'on se souvient de cette façon si caractéristique qu'on avait de sauter sur place, pieds joints, balançant les bras sur les beats "coups de poings" de 2 Unlimited.
1993, le tubesque No Limit, son beat fracassant, son synthé mythique, son rap indéfinissable, son chant cultissime et son clip interdimensionnel... Quiconque portait une frange devant son crâne dégarni se devait de danser fièrement dessus.

Et parce que c'est quand même exceptionnel et qu'on aime les lapins gris basketteurs, Get Ready For This est également de la partie, indépartageable mythologiquement parlant de son successeur, avec encore plus de synthé, de chant et de rap génialissime.
C'est aussi ça les 90's, pour notre plus grand bonheur.

jeudi 12 juin 2008

"All sounds made by Guitar, Bass, Drums and Vocal"

Y'as des groupes comme ça qui, par définition, appartiennent aux 90's. Parce qu'ils n'ont pas débutés trop tard et se sont arrêtés assez tôt pour laisser leur empreinte dans la dite décennie.
Les Rage Against The Machine en font partie, il faut dire qu'avec un premier album éponyme mythologiquement culte sorti en 1992 pour finir avec un Renegades en 2000, ils avait tout compris, là où d'autres n'ont pas su s'arrêter à temps (si on met de côté la récente reformation vas s'en dire).
C'est donc en 1992 que le groupe se lance dans le mouvement metal-hop-fusion, qui accompagne ce début des années 1990, avec un premier éponyme qui en aura bouleversé plus d'un. Un opus parfait, un chef d'oeuvre de la scène métal des 90's, un album irremplaçable. Le genre d'album que tu écoutes en te disant que chaque morceau est culte, puissant et meurtrier. Dire que le groupe nous a offert quatre albums, mais que le premier est suffisamment prestigieux pour nous faire oublier les trois autres, pourtant d'une grande qualité! L'album est à l'image du premier single, le mythique Killing in the Name en 1993.
Reconnaissable dès ses premières notes, sa ligne de basse annonçant le riff explosif de Morello, pour finir sur le "Killing in the name off..." suggéré par De La Rocha. Après cette introduction magistrale on découvre le flow Hip-Hop si caractéristique de Zack, pour finir sur la puissance indéniablement Métal de sa voix, toujours accompagnée des riffs percutants de Tom. La montée qui suit est unique, efficace, c'est une vraie claque dans la tête du pauvre auditeur désemparé, qui au final n'attendais que ça. Ils jouent avec nos nerfs c'est sûr, redescendre pour mieux remonter, le tout allant crescendo jusqu'à l'hécatombe finale, précédée par le solo venu de l'espace made by Tom Morello, qui deviendrons une habitude du groupe. L'hécatombe finale donc, c'est la montée en puissance multipliée par 16 "Fuck you I won't do what you tell me!" se concluant sur un sublime MotherFucker sorti des tripes de Zack et le morceau de se finir sur six coups de guitare comme autant de balles d'un revolver, histoire de nous achever en beauté.
On se relève alors, on ramasse ses côtes, on cherche ses avant-bras et on se demande ce qui vient de nous arriver. Au final RATM c'est tout ça, un flow hip-hop, une puissance métal, des solos extra-terrestres, et des montées explosives.
Inévitablement un des meilleurs groupes des années 90.